Historique

Dans les campagnes, la lutte contre l'incendie était laissée à la bonne volonté et à l'initiative des habitants. Conscients de la gravité d'une telle lacune, le Conseil d'Etat va ordonner le 16 février 1825, l'organisation de corps de sapeurs-pompiers, dans toutes les communes du canton. En ville, le « bataillon » se constituera en 1840, sous le commandement du lieutenant-colonel Robert Céard (1781-1860) qui lui donna une organisation calquée sur le modèle militaire. Céard vint inspecter les pompes de Satigny en 1847 et proposa d'augmenter la longueur des « courses » de 60 à 100 pieds . En 1896, la commune se dotera d'une nouvelle pompe achetée à la maison Schenk de Berne, qui avait obtenu une médaille d'or à l'Exposition nationale de Genève cette même année.

Le 21 décembre 1897, la mairie de Satigny promulguait un « règlement de la compagnie des sapeurs-pompiers », dont l'article premier précise :

La compagnie est un corps volontaire d'habitants de la commune de Satigny qui se dévouent au service du secours contre l'incendie et se soumettent au présent règlement. »

L'effectif comprenait alors 41 sapeurs plus un médecin attaché à la compagnie. Tous les hommes devaient être valides et âgés de 20 à 55 ans. L'article 5 de cette même ordonnance stipule que chaque hameau de la commune doit être doté d'une pompe, soit au total 7 engins. Ces anciennes machines étaient évidemment hippomobiles, tractées par deux chevaux, fournis par les agriculteurs qui étaient indemnisés à raison de 2 à 5 francs par cheval et par intervention, selon la durée des prestations.

Dès 1899, la fourniture de l'eau sous pression dans la commune sera assurée par l'Etat ; on pourra alors installer deux bouches à incendie : une au carrefour de Satigny-Dessus et l'autre à Peissy près de la chapelle.

En 1926, la compagnie est soumise à de nouvelles prescriptions. Le matériel se transforme, puisque l'installation des multiples bouches à eau rend l'utilisation des pompes à bras inutile, exception faite à Choully, où la pression de la conduite d'eau était alors manifestement insuffisante avant la construction du réservoir actuel en 1933. Cette ancienne pompe de Choully fut (hélas) démolie en 1950.

Dans les autres hameaux, les pompes furent remplacées par des chariots équipés de rouleaux de « courses ». Les vieux casques de laiton, gravés du nom de notre commune, qui ont coiffé nos pompiers jusque vers les années trente, relégués dans les caves de la Mairie, ont finalement été offerts en 1958, au corps des sapeurs-pompiers français de Saint-Genis. A l'heure actuelle, il ne nous a pas été possible de savoir ce qu'ils étaient devenus.

L'équipement communal dispose, depuis 1983, d'un nouveau dépôt situé à la route d'Aire-la-Ville, au sud de la voie ferrée. Le bâtiment abrite le matériel de lutte contre l'incendie et de celui de la voirie communale. En 1985, le parc des véhicules s'est enrichi d'un camion tonne-pompe équipé d'un réservoir de 1500 litres d'eau et d'un canon à mousse. Deux ans plus tard, un fourgon est venu s'y ajouter, il transporte entre autres, les appareils respiratoires dont sont munis certains de nos sapeurs.

Depuis mi-2004 un véhicule de la voirie de la commune a été modifié afin d'en faire un véhicule transport-d'eau et depuis fin 2004 la commune a fait l'acquisition d'un nouveau véhicule Pionnier en remplacement du fourgon.

La construction de nouveaux immeubles locatifs à Satigny et les nombreuses usines de la zone industrielle ont imposé la modernisation du service du feu communal qui, avec une cinquantaine de volontaires, est aujourd'hui à la hauteur de ses tâches.

Au cours des 100 dernières années, on a eu à déplorer environ 6 grands incendies dans la commune. Malheureusement , les archives de la Mairie n'en contiennent aucune relation, les procès-verbaux des sinistres étant consignés dans les documents personnels de chaque capitaine. Les rapports d'activité sont présentés oralement par le commandant en titre, lors du banquet annuel de la compagnie offert par la Mairie, depuis plus d'un siècle. Les comptes rendus des séances du Conseil municipal nous livrent malgré tout, de temps à autre, quelques narrations cocasses.

On découvre ainsi, qu'en septembre 1920, le capitaine des pompiers a déposé une plainte contre le titulaire responsable du téléphone postal qui avait refusé de lui transmettre le message de deux officiers de la compagnie, témoins d'un incendie à Saint-Genis et désireux d'y porter secours. Le directeur des postes de Genève semble avoir fait peu cas de cette réclamation, malgré une intervention du Conseil d'Etat.

Il faudra attendre 1922 pour trouver une solution pratique : désormais on fera installer le téléphone chez le capitaine des pompiers et l'abonnement sera à la charge de la commune !

On relève quelques années plus tard, en 1927, un autre incident. Au cours d'un banquet annuel, le sergent-fourrier alors en fonction, usa des mots de « vilainie et de grossièreté » à l'égard du maire. Le remue-ménage, provoqué par ces propos venimeux, fournit matière à plus de quatre pages d'archives communales !

Révoqué par un vote du Conseil municipal, le sergent a recouru auprès du Conseil d'Etat qui a envoyé un de ses membres en médiateur à Satigny… Entre-temps, l'accusé avait fait parvenir des excuses aux autorités communales ce qui eu pour effet de reporter l'arrêté de révocation…

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